Wilfried Ekanga : « jusqu’à la fin de sa vie, Ateba Eyene aura persisté à ne pas voir que le RDPC est un lugubre Gang de Malfrats »

Membre du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), il revient sur le parcours d’Ateba Eyène dont on célèbre l’anniversaire de la mort ce dimanche 21 février 2021.

Lire ci-dessous l’intégralité de son texte hommage.

L’exception : On l’appelait Ateba Eyene

Il est mort le 21 février 2014, soit le même jour que l’illustre Malcolm X (1965). Il est pour ainsi dire l’un des rares ayopistes qui valait la peine d’être écouté et pris au sérieux ; l’un des seuls biyayistes pouvant faire office d’inspiration aussi bien pour les adorateurs que pour les pourfendeurs du vieux monarque d’Etoudi.

Car il n’avait pas faim, et ce n’était pas son estomac qui gargoullait à la place de son cerveau. Écrivain très lu, il ne pratiquait donc pas la politique pour survivre (Certains bouffons se reconnaîtront).

L’HOMME :

 Si vous voulez que l’Histoire se souvienne de vous, il ne faut pas être normal. Au contraire, il faut déranger, semer le trouble, mettre mal à l’aise et gêner énormément. Il faut sortir les fainéants de leur zone de confort et les embarrasser par la critique dure et crue. Il faut se faire le maximum d’ennemis possibles tant que c’est pour les bonnes raisons. Car si les gens vous haïssent pour vos bonnes intentions, sachez que vous êtes dans la vérité.

Et la vérité sur un malfrat, c’est de l’eau sacrée sur un démon. Ça s’appelle de l’anticonformisme. Et justement, L’Histoire ne garde en mémoire que les anticonformistes : Um Nyobé, Modibo Keita, Sékou Touré, Socrate, Nzingha, le Che, Copernic,  et même Jésus et Mohammed.

 Et si un nom comme Mongo Beti vous revient en mémoire encore aujourd’hui, c’est parce que le concerné précisait lui-même lors d’une interview en France dans les années 70 au sujet de son exil forcé : ” Il y a ceux qui sont conformes et ceux qui sont non-conformes. Moi, je ne suis pas conforme du tout !”

De même, avec ce cher Ateba, tout y passait : les homosexuels politiques, les pederastes violeurs de garçons, les incestueux violeurs de leurs propres filles, les malabars ésotériques salivant pour des nominations, les assassins à des fins rituelles, les vendeurs de sperme en sachet, les francs-maçons n’ayant jamais été au pied d’aucun mur … Il faisait partie de ceux-là qui avaient compris que le patriotisme n’a rien à voir avec le soutien aveugle au vampirisme, sous prétexte que ça vient de la famille politique ou du frère du village.

Et à cet effet, la parution en 2008 de son livre : ‘ Les paradoxes du pays organisateur” aura causé le même tremblement de terre que fut le séisme de 1972 lors de la publication de ” Main basse sur le Cameroun” par Mongo Beti.

(La vérité, disais-je, c’est de l’eau bénite sur un démon)

Son seul gros (certes très gros) défaut aura été de penser que Paul Biya (ou plus exactement Vol Biya) était à exclure des diableries de son sinistre gouvernement. La formule : ” le président travaille bien, mais c’est son entourage qui dérange” était devenue aussi célèbre que l’équation chimique d’Albert Rinstein (E=mc2) développée en 1905 dans le cadre de la relativité restreinte.

Célèbre, mais fausse, comme le monde supralunaire d’Aristote. Car l’on ne saurait condamner la Mafia et en épargner le Parrain. Jusqu’à la fin de sa vie, Charles Ateba Eyene aura persisté à ne pas voir que le RDPC est un lugubre Gang de Malfrats dont Barthélémy est l’artificier principal du banditisme. En français facile, on parle de ” Chef-Bandit”.

 Et quand on claque 25 millions par nuit pour une chambre à Genève ou que le champagne coûte 1,5 milliard pour la réception du Nouvel An au Palais, on est difficilement excusable (Et encore moins quand on n’a ni compagnie aérienne ni championnat national).

Cela dit, dans l’immense étendue d’eau salée tribaliste et sanguinaire qui compose l’essentiel de la mangeoire administrative camerounaise, Ateba, sans y être (et bien qu’ayant quelquefois souhaité s’y trouver), aura réussi à faire figure de moindre mal. Difficile de surnager éternellement dans un océan de perversion où même son ami Owona Nguini (en qui on aura brièvement cru) aura fini par couler comme un radeau percé, et par se ranger du côté obscur de la force.

Ateba aurait pu être Sankara (il l’a été à 20%), tandis que Nguini a pour sa part surclassé la traître performance de Blaise Compaoré (200%). Devant ce tableau attristant, une seule question nous revient alors : “Et si Charles voyait ça ?’

EN BREF

Chaque année, j’écris un hommage à Charles Ateba Eyene, parce que paradoxalement, il est l’une des raisons pour lesquelles j’ai décidé (en 2014 justement) de m’impliquer politiquement, même s’il était , qu’il est, et qu’il sera à tout jamais hors de question que je me plie aux faveur du RDPC, le seul parti au pouvoir au monde sans programme politique.

L’homme de Bikoka aura été sacré plusieurs fois (à juste titre) personnalité préférée des Camerounais. Autant vous dire que ce type de miracle ne se reproduira plus jamais chez un militant du parti des flammes de l’enfer. Atanga Nji et Djibril seront certainement d’accord avec moi, après la raclée mémorable qu’ils ont reçue en fin de semaine dans le Septentrion, en tentant de contrer le MRC. Car l’Histoire se souvient de ses héros. Et elle enterre vite ses zéros, même de leur vivant !

Ekanga Ekanga Claude Wilfried

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