La défaite de l’équipe de France (les bleus) fait jubiler les africains

Chacun de nous l’a plus ou moins constaté. La défaite d’hier des bleus, l’équipe de football de France par la Suisse en huitième de finale, a été accueillie en Afrique (principalement francophone) par des salves de joie.

Une attitude qui, loin d’être anodine trahit un état d’esprit, un reflet subconscient des rapports conflictuels que les africains d’aujourd’hui entretiennent avec la France.

En effet, les rapports séculaires entre la France et l’Afrique continuent de susciter moults questionnements quant aux liens incestueux qui continuent de les régir aussi bien officieusement qu’officiellement.

Les discours iconoclastes de la nouvelle génération d’intellectuels africains, profondément panafricanistes, qui n’ont eu de cesse de porter des thématiques autrefois frappées d’omerta sur la place publique et médiatique ont depuis quelques temps,  largement contribué à forger le sentiment anti-francais. Par des sujets tels le Franc CFA, les accords de coopération , la Francafrique au sens Vershavien et bien d’autres, l’effet immédiat chez les jeunes africains , fût de se rebeller face à ces politiques  iniques encore en cours.

Les politiques africains au pouvoir ont d’ailleurs compris qu’ils pouvaient tirer profit de cette posture tensionnaire en ouvrant cyniquement des vannes aux acteurs sociaux qui se positionnent ouvertement contre la politique française en Afrique. Ils surfent sur les colères des populaces pour se réinventer de nouvelles légitimités politique et par conséquent s’éterniser sur leurs strapontins.

Malgré le contraste qui consacre cet état de fait et la mainmise,  bienque subtile de la France dans la fabrique des pouvoirs africains, la réalité semble implacable. La France n’est plus portée dans les cœurs des africains!

Faute de crier leur colère et d’inverser le rapport de force qui le lie à la France, aussi bien aux plans politique,économique, socioculturel et militaire ou de le rendre symetrique, la jeunesse africaine qui a bien compris que les hégémons qui sont à la tête de nos États ne surfent que sur leurs propres intérêts expriment leurs frustrations autrement. Celles-ci se résument aujourdhui à laisser exploser leur joie sur tout, ou toute actualité  qui peut infliger du revers à la France.

La défaite des bleus, infligée hier soir par la Suisse, sonne donc comme une vengeance. Une vengeance par délégation à laquelle les africains fantasment sur la France.

Seulement, il ne suffit pas de fantasmer ,ni d’exulter pour se donner une illusion de vengeance. Il faut avoir le courage d’aplanir nos rapports avec la France , de les depoussierer et de les redéfinir pour s’inventer un nouveau destin.

David Eboutou

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