Christian Ntimbane Bomo : « le plus grand contingent de victimes contre le colonialisme a été d’origine bamiléké »

L’avocat au barreau du Cameroun affirme que le politologue Claude Abe se trombe dans ses analyses quand il souligne qu’il n’y a que les activistes originaires de l’ouest Cameroun qui ont manifesté contre Paul Biya à Genève.

Dans une publication ce lundi Me Christian Ntimbane Bomo dit son ras-le-bol au Pr Claude Abe qui s’insurgeait contre la forte présence des bamiléké dans la manifestation Anti Biya à Genève en Suisse. L’homme de droit relève par ailleurs que dans l’histoire de l’indépendance de notre pays ce peuple a perdu ses fils pour une cause noble.

Lire ci-dessous sa tribune :

Monsieur Claude Abe, universitaire,

Vous faites preuve d’inculture  à travers votre sortie  sur la présence nombreuse de noms à consonance bamileke dans les mouvements activistes de la diaspora. Désolé, il ne s’agit pas d’organisations  fondamentalement  tribalistes.

En tant que sociologue, vous serez rentré dans l’histoire des faits sociaux du Cameroun, pour mieux expliquer ce phénomène, sauf si  vous êtes dans la manipulation de l’opinion. Et ce serait regrettable. Car on ne joue pas à instrumentaliser le tribalisme pour des objectifs politiques inavoués. C’est malsain.

S’il est vrai qu’il y a un fort courant d’ethnofascistes bamileke très bruyants que nous  avons  eu à dénoncer les agissements  au sein de la diaspora militante,  il reste  que l’activisme  politique marquée de la jeunesse bamileke dans notre pays est lié à l’histoire.

Ce peuple a la culture de la contestation politique  depuis la colonisation. Le plus grand  contingent de victimes  contre le colonialisme a été d’origine bamileke. Était-ce aussi du tribalisme contre les colons ? Pour preuve, des centaines de milliers de jeunes bamileke  sont morts pour notre indépendance.

 D’autres sources sérieuses  parlent de près d’un million de morts. D’ailleurs l’idée d’un génocide bamileke est de plus en plus convenue par les historiens. Pendant le  régime Ahidjo, la jeunesse bamileke a été très active dans les mouvements contestataires des camerounais à l’étranger.

Lors des mouvements des années 90 pour l’avènement de la démocratie au Cameroun, ils étaient remarquablement majoritaires. Ce qui a amené certaines pontes du régime à parler de mouvements anglo-bami.

En 2008, lors des  manifestations contre la révision constitutionnelle visant la non limitation  des mandats présidentiels, ils étaient majoritaires.

Ce sont des faits. Ils sont têtus.

Christian Ntimbane Bomo

Société Civile des Réconciliateurs

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