Félix Marcel Obam : « A Dynamique Citoyenne nous ne considérons pas le processus de la décentralisation comme étant achevé »

Président du Comité de direction de cette organisation non gouvernementale, il revient aussi sur la situation des droits de l’homme au Cameroun. Lewourinfo.com l’a rencontré à Douala en marge du Conseil national du Réseau de suivi indépendant des politiques publiques et des stratégies de coopération.

Vous avez participé au Conseil national pour ce qui est de Dynamique Citoyenne peut-on dire à l’issue de ces assisses nationales que vous êtes un homme satisfait ?

En tant que président national de Dynamique citoyenne, la satisfaction est mienne, surtout de la manière du déroulé des travaux. Par ailleurs, l’organisation orchestrée par la coordonnatrice régionale du littoral, animée par Dora Sende était très parfaite, je leur félicite.

Dynamique Citoyenne travaille en symbiose avec les mairies d’arrondissement, surtout en ce qui concerne la décentralisation. Justement,  cette question de la décentralisation était au centre de vos activités de deux jours à Douala, vous pensez qu’en 2021, le Cameroun a avancé d’un grand pas ?

En effet, à Dynamique Citoyenne nous ne considérons pas le processus de la décentralisation comme étant achevé. Certes les institutions, sont mises en place, mais nous avons une double préoccupation. La première concerne effectivement le transfert des compétences aux communes, cela doit s’accompagner des transferts des moyens.

 La deuxième préoccupation tient à la faible participation citoyenne à la conduite des affaires locales. Vous savez que le code de la décentralisation prévoit la participation des citoyens de manière individuelle ou collectivité,  au développement local. Ce dispositif-là, ne fonctionne pas encore de manière opérationnelle.

Sur le plan national, Dynamique Citoyenne est une organisation bien assise, avez-vous l’impression que les contributions que vous apportez pour la construction de notre démocratie sont prises en compte par le gouvernement ?

Le gouvernement a ses options. Notre préoccupation fondamentale est que les politiques publiques mises en œuvre par le gouvernement à travers les institutions de l’Etat aillent affectivement dans le sens des intérêts et de la volonté des citoyens.

Dans ce sens-là, nous veillons à ce que toutes initiatives prises par le gouvernement s’inscrivent dans cette logique-là. Sur la prise en compte de nos actions, nous avons obtenus des avancées dans plusieurs domaines. La publication du journal des projets est bien une victoire de la société civile, notamment de Dynamique citoyenne.

2021 a été une année assez chargée à Dynamique citoyenne…

Notre conseil national tenu à Bonabéri est l’aboutissement d’une année d’activité. Dans le fond, c’est une réunion statutaire. Que nous ayons travaillé ou pas,  nous sommes appelés à organiser un conseil national. Cette année a été particulièrement chargée, par ce que nous avons pu dérouler au moins trois grandes activités.

 En dehors du fonctionnement classique de notre association et de ses 10 coordinations régionales, nous avons impulsés dans les 10 régions, le suivi du Budget d’investissement public. En 2021, le suivi a porté sur deux secteurs : celui des affaires sociales et la jeunesse. Il faut aussi noter que les infrastructures sont réalisées avec très peu d’efficacité dans plusieurs cas. Dans certains cas,  elles ne sont même pas organiser.

L’autre activité phare que nous avons mené était l’évaluation de l’impact de la pandémie Covid-19 sur les populations parmi les plus vulnérables.  Nous avons fait un certain nombre de constats,  dont le plus effarant est l’incohérence de la riposte gouvernementale contre cette maladie. Cette action gouvernementale est très faiblement acceptée par les citoyens, du coup,  on doute de son efficacité. Plus encore,  on a regretté que le scandale de détournements liés aux fonds Covid-19 n’ait pas pu donner lieu à des poursuites judiciaires.

De bonnes choses en perspectives pour Dynamique Citoyenne ?

En effet, nous croyons en la République, c’est pour cela que nous portons le titre de citoyen, ce qui est un privilège. Pour cette année 2022, nous allons nous déployés tout naturellement à travers tout le territoire national et notre action va essentiellement portée sur la sensibilisation citoyenne.

 Nous nous rendons compte que la culture citoyenne n’est pas profondément ancrée dans nos communautés, du point de vue du respect de nos obligations en tant que citoyen, mais aussi du point de vue aussi de la défense de nos droits.

 Nous allons mettre en place un dispositif de proximité allant dans ce sens. Nous allons aussi travaillé sur le suivi du BIP, mais également sur une analyse que nous souhaiterons plus technique en sollicitant des experts. Nous allons mener des actions de sensibilisation pour que les communautés s’approprient au mieux les actions des politiques publics.

Quels sont vos rapports avec les pouvoirs publics ?

Nous avons des rapports de citoyen à gouvernant. Dans le fond, cela a toujours été des rapports assez ambigus bien que le gouvernement étant censé être à notre service. Dans les Républiques coloniales comme les nôtres,  nous avons tendances à observer une certaine forme de dichotomie entre les dispositifs gouvernementaux et les dispositifs communautaires.

Nous n’avons pas certes de relation conflictuelle avec le gouvernement, mais à plusieurs égards, mon prédécesseur Jean Marc Bokoko a eu mal à partir avec les autorités administratives,  notamment,  dans le cadre des activités visant à attirer l’attention du gouvernement dans le dispositif électoral. Depuis quatre ans maintenant, on a un procès qui s’éternise contre les militants de Dynamique Citoyenne, par ce que nous avons organisé une réunion au palais des sports pour interpeller le gouvernement sur le Code électoral.   Cela ne nous décourage pas.

Selon vous,  l’année 2021 a été positive dans notre pays du point de vue des libertés ?

Non ! Les libertés politiques sont violées au quotidien, non seulement pas les autorités locales, mais aussi et surtout,  les autorités gouvernementales avec leurs bras séculiers qui est la préfectorale. On ne comprend plus très bien le concept d’ordre public. Le droit à manifester est embrigadé,  comme c’est le cas avec les militants du Mrc, comme c’est le cas de plusieurs autres mouvements citoyens, qui voient leurs activités interdites systématiquement lorsque les thématiques ne vont pas de le sens de l’intérêt de la façon de pensée du gouvernement.

You can leave a response, or trackback from your own site.

Leave a Reply

Powered by WordPress