Le Conseil Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur (CAMES) est une institution regroupant les universités d’Afrique à expression française, pour la promotion des connaissances scientifiques.

L’une des missions du CAMES est de coordonner les systèmes d’enseignement supérieur et de la recherche des pays membres, afin d’harmoniser les programmes et les niveaux de recrutement dans les différents établissements d’enseignement supérieur.
Le but ultime est d’amener ces pays vers l’émergence.
En réalité, il n’y a aucune harmonisation des programmes au sein des pays membres. Chacun faisant à sa guise.
Le recrutement des enseignants relève de la souveraineté de chaque pays, voire de chaque université.
La promotion aux grades supérieurs est une vraie nébuleuse qui mérite qu’on s’y attarde car elle explique le sous-développement de l’Afrique, et le retard qu’accuse l’Afrique française (nous sommes toujours des colonies de la France) par rapport aux ex-colonies Britanniques.
Pour son fonctionnement à grand train de vie, le CAMES s’appuie sur les contributions des Etats membres. Ceux-ci étant pas toujours des sponsors vertueux, une bonne partie de ce financement vient de la France via ses organisations de maintient de la françafrique telle l’AUF (Agence Universitaire de la francophonie).
Ce financement est assujetti à une contrainte majeure imposée au conseil scientifique du CAMES. Les critères de promotion des enseignants africains promeuvent la quantité de la production scientifique à sa qualité, faisant des lauréats du CAMES des chercheurs d’un niveau inférieur (aux enseignants français). En effet, le CAMES est encouragé à privilégier les publications de mauvaise qualité, écrites en français (et non en anglais qui est la langue de la science), publiées dans les revues locales et non référencées dans les grandes bibliothèques internationales.
A mon étonnement de ce que les promus aux grades supérieurs du CAMES ne publient que très peu dans les revues en anglais, un des patrons (nigérien) du CAMES m’avait fait la révélation suivante “si les candidats ne publient pas en français, la France va revoir à la baise son financement, paralysant le fonctionnement du CAMES”. En d’autres termes, pour promouvoir la langue française, la France demande aux africains de demeurer des incultes. Force est pourtant de constater que le conseil national des universités (CNU) qui est l’équivalent français du CAMES a plutôt des exigences de qualité et non de quantité. Le CNU exige à l’enseignant français peu d’articles (par rapport au CAMES), mais d’un très bon niveau de pertinence. Cette pertinence scientifique est démontrée par ses publications dans les meilleures revues de spécialités. Or les meilleurs revues ne paraissent qu’en anglais.
En d’autres termes, les Français sont épargnés de la nécessité de promouvoir la langue française, rôle dévolu aux africains.
A ne publier que des travaux de mauvaise qualité, le chercheur africain issue du CAMES ne saurait revendiquer capable de tutoyer le gota du leadership scientifique international. Son apport dans le progrès de la science, et dont du développement de la nation, est donc marginal.
Par ce biais, la françafrique universitaire se charge de maintenir les colonies françaises dans une dépendance à son maître.
Le CAMES est pire que le Franc CFA.
Doc BONNY Aimé

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